Licancabur (5960 m) ou comment s’envoyer en l’air avec un pote

Licancabur (5960 m) ou comment s’envoyer en l’air avec un pote

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1er Avril 2011, après 3 jours dans les environs d’Uyuni en 4×4 (Bolivie), nous disons au revoir à nos 2 petites-amies (Caro et Julie) devant le refuge de la Laguna Blanca : c’est notre camp de base avant de gravir un des plus beaux sommets du coin, le Licancabur qui culmine à 5960 mètres d’altitude… et ce n’est pas un poisson d’avril.

Informations sur l’ascension du Licancabur (face nord en Bolivie) :

Durée : 13 heures
Dénivelé : 1300 mètres de 4500 m à 5960 m
Difficulté : Le premier tiers de l’ascension est facile, le deuxième tiers un peu plus dur et la fin beaucoup plus éprouvante à cause de l’altitude. On vous recommande de passer plusieurs jours entre 3000 et 4000 mètres d’altitude pour vous accoutumer.
Départ : Bas du Licancabur, piste de 4×4.
Arrivée : idem
Ville la plus proche : San Pedro de Atacama
Transport : Les guides vous amènent en bas du Licancabur depuis le Refugio Laguna Blanca ou l’entrée du parc national
Autres infos : Guide local Obligatoire ! il faut absolument un guide si vous vous voulez arriver saints et sauf là-haut. Les conditions permettent a priori de monter toute l’année, mais attention l’hiver (Juin – Juillet et Août), les conditions d’enneigement peuvent vraiment changer le trajet. Le guide demande 100 $ par groupe.

Carte :

Afficher Licancabur sur une carte plus grande

Nous voilà donc dans un des endroits qui sent le plus l’aventure depuis le début de notre voyage, le Refugio Laguna Blanca. Ici, il n’y a pas d’eau courante, l’électricité est générée grâce à un panneau solaire et disponible à partir de 19 heures jusqu’à 21 heures uniquement. Les lits sont spartiates, la « señora » qui s’occupe du logement peu souriante, même si on s’est rendu compte qu’être français ici n’était pas un désavantage (« Los Franceses logran »).

Ascension du Licancabur from WeLoveAmericaLatina on Vimeo.

Comme nous sommes arrivés à 9h30 du matin, nous sommes « chauds » pour aller nous mesurer aux montagnes qui entourent le Refugio. Nous décidons donc de nous tester sur le Jurique, un volcan qui se trouve juste à côté du Licancabour, culminant à 5700 mètres d’altitude.
Comme nous n’avons aucune notion des distances, nous partons à pied depuis le Refugio vers 10h30. Après 1 heure de marche sur du faux-plat, nous nous rendons compte qu’il n’y a pas de chemin. C’est parti pour une ascension dans des roches volcaniques.

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La 2ème heure se passe bien pour moi, mais est un peu plus dure pour Clément. On se rend compte que notre soirée arrosée à la poire tchèque (nous avons rencontré 2 Tchèques, Milan et Vladi pendant notre trip en 4×4 vers Uyuni) ne nous facilite pas la tâche. Peu importe, objectif 5000. Finalement, j’arrive avec difficultés à 5050 mètres d’altitude, et m’arrêtant tout les 20 mètres la dernière demi-heure. Clem continue jusqu’à 5200, mais m’avouera plus tard que sa tête tournait et et qu’il n’avait plus de souffle. On se rejoint et on redescend par un pierrier. Arrivée à 15h30 au Refugio Laguna Blanca, bien crevés.

Quelques minutes après nous être posés, nous rencontrons Clémence et Guillaume qui nous accompagneront le lendemain sur le sommet Boliviano-chilien. Macario, le guide qui habite juste à côté, vient à notre rencontre et après quelques bavardages, nous décidons de partir le lendemain matin à 5h pour le Licancabur.

Le réveil sonne à 4 heures, mais la motivation est là. Je n’ai pas trop mal dormi.
Le 4×4 vient nous chercher à 4h50, c’est Digno, le fils de notre guide qui conduit. Il fait bien froid, les lacs alentour sont gelés. Le 4×4 Toyota d’un autre âge (821 000 km au compteur) nous laisse au pied du Licancabur. On commence à grimper à la lumière de nos lampes frontales.

Macario commence à rythme lent, très lent. Je me disque ce n’est pas plus mal et me rends compte que nous y sommes allés un peu trop fort la veille sur le Jurique. Macario est suivi par Clément, puis moi puis Guillaume et Clémence. Toutes les 45 minutes, le guide marque une bonne pause. Nos amis français ont un peu plus de mal mais ils viennent seulement d’arriver sur l’altiplano. On se pose souvent la question avec Clément « ça va ? ». Oui pour nous tout roule, on se sent bien.
A partir de 5000 mètres, je prends quelques feuilles de coca, imité par Clément quelques minutes plus tard. Cela marche, ce n’est pas une légende et c’est totalement légal en Bolivie. On s’est rendu compte que c’était une bonne façon de lutter contre le mal des montagnes et notamment le mal de tête. Cela coupe la faim et la soif. Notre guide carbure à la coca et au Bicarbonate, qui accélère les effets de la coca : il n’a pris que 50 cl d’eau pour la marche (nous 3L / personne).

Tout se passe bien jusqu’au 5700 mètres pour moi. On est d’ailleurs étonnés de ne pas trop souffrir dans la montée. On se rend compte aussi que le rythme lent, très lent de Macario nous aide à nous accoutumer à l’altitude sans trop d’efforts.
A 5700 donc, le mal de tête vient et ne me quittera pas jusqu’à San Pedro de Atacama le lendemain matin. Une cachet de Paracétamol plus tard, je continue à grimper, la coca m’aide toujours autant. A partir de là, nous sentons notre coeur battre, Macario s’arrête maintenant tous les quarts d’heure pour que notre « corrazon » se calme un peu. De 5700 à 5960, le chemin est dur, il faut grimper sur de gros rochers, mais on sait déjà qu’on y est, et que nous y arriverons. Clémence et Guillaume souffrent plus eux, mais en bons grimpeurs ils ne plaignent pas et savent qu’il y arriveront coûte que coûte.

Puis Macario nous montre le sommet. Un bâton signale que nous y sommes presque : plus qu’ un petit effort et on y est ! Un petit passage dans la neige (plus rare sur la face Nord à cette époque) et nous voilà en haut. Clémence et Guillaume arrivent aussi, plus fatigués que nous. La joie explose ! On y est arrivés ! 8 heures d’ascension et surtout de la volonté ! Le temps de prendre quelques photos, nous redescendons pour déjeuner à l’abri vers 13h15.

Le retour en bas est un peu plus dur : il faut passer dans des pierriers mais force est de constater que cela va beaucoup plus vite.

Arrivés à 17 heures en bas, là une surprise nous attend : le 4×4 qui doit venir nous chercher n’est pas là, les multiples appels radio de Macario à son fils « Digno Digno Digno ! » n’ont pas été reçus. Au bout de 2 kilomètres, on voit enfin arriver le Toyota. Bien contents de nous, on rentre au Refugio Laguna Blanca et on se souche à 20 heures, exsangues et bien contents de nous être envoyés en l’air entre potes tout près des 6000 mètres.
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Pour découvrir les impressions de Clément, rendez-vous sur son blog So Far So Good

> Retrouvez toutes nos randos en amérique du sud

> Retrouvez des exemples de  trekking en Mongolie

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