Potosi et la visite des mines

Potosi et la visite des mines

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Après près de 3 jours de voyage depuis Mendoza, en Argentine, en passant par Salvador de Juyjuy puis La Quiaca et Villazon (en Bolivie), nous arrivons de nuit à Potosi. Les lumières de la ville la plus haute du monde (4090 mètres d’altitude) nous offre un spectacle magnifique.

Mais revenons à la réalité, Caro a du mal à s’adapter à l’altitude. Après avoir trouvé un taxi (dont le tableau de bord est à droite et le volant à gauche ! ), elle se couche directement. Une nuit de douze heures plus tard, tout va mieux.

Au réveil, nous décidons d’aller arpenter la ville : rues étroites, fumée épaisse des bus, façades colorées et architecture coloniale… Potosi est vraiment différente de ce que nous avons vu jusqu’à présent. La ville grouille de petits qui fêtent l’anniversaire de leur école, les parents étant tous là pour les applaudir pendant leur défilé. L’atmosphère nous plaît tout de suite. Nous continuons d’arpenter la ville… toute la journée à 4000, le souffle court.

La cité andine se révèle être une merveille d’architecture coloniale, et on comprend qu’elle a été autrefois la cité la plus riche du monde : le Cerro Rojo, la montagne qui la domine, a été le plus gros filon d’argent jamais trouvé. Nous irons demain à la découverte des mines de Potosi.

Le lendemain donc, nous partons un petit groupe de touristes depuis l’agence du centre ville. On nous emmène nous changer : nous enfilons un casque, des bottes et une tenue solide afin de pouvoir nous déplacer sans problème dans la mine. Nous nous arrêtons ensuite au marché des mineurs où nous achetons de quoi leur faire quelques présents pendant notre visite : feuilles de coca, sodas, et, bien entendu une « armada completa », c’est à dire un bâton de dynamite et la mèche qui va avec. Dans cette partie de la ville, la dynamite est en vente libre et tout le monde peut en acheter… il paraît qu’il y a assez de dynamite ici pour faire sauter tout Potosi.

Ensuite nous visitons une usine de transformation du minerai et donnons quelques feuilles de coca à des ouvriers (la tradition veut qu’on en donne deux poignées sinon cela porte malheur, tradition inca), et nous montons pour la mine.

Après s’être fait reconnaître auprès du chef de la coopérative , notre guide Wilson nous fait pénétrer dans un orifice sombre où il faut se plier en deux. Il fait très froid à l’entrée de la mine à cause des courants d’air, mais nous avançons assez rapidement. Nous ne croisons pas de mineurs, pour le moment, et bifurquons pour le temple dédié au dieu de la mine, Tio. Wilson nous explique les différentes cérémonies liées à ce dieu. Puis nous continuons un peu plus loin, à quatre pâtes, il fait de plus en plus chaud. Nous souffrons un peu à cause du manque d’oxygène mais tout va bien. Au bout d’un moment nous croisons des mineurs et leur offrons des présents. La plupart ont entre 10 et 20 ans de mine. Il faut y rester un bout de temps pour pouvoir joindre les 2 bouts, l’évolution de la carrière d’un mineur étant régie de près par la coopérative. ‘Coopérative’, ces organisation n’en portent que le nom puisque ce sont en fait des petites entreprises qui réunissent de 1à à 200 mineurs : à l’intérieur c’est chacun pour soi, on est payé en fonction de la quantité et la qualité du minerai ramené, à la tonne. D’ailleurs, les mineurs barricadent et mettent sous cadenas les entrées de certaines galeries.

Nous croisons très vite un groupe de mineurs, et nous sentons un peu voyeurs : les plus jeunes poussent des chariots d’une tonne sur des rails en mauvais état, pendant que d’autres remplissent d’énormes sacs à la pelle. Nous sommes tous un peu mal à l’aise de les observer ainsi mais notre guide entame la conversation avec eux et détend l’atmosphère en leur offrant des sodas et une armada completa. Je suis assez choqué par la scène, mais c’est leur réalité en 2011 : ils bossent comme nous le faisions il y a 100 ans chez nous pour pas grand chose.
Nous ressortons sous le choc de ce que nous venons de voir, abassourdis et un peu crades. Cela a été une expérience qui en valait la peine.

Nous consacrons l’après-midi à la visite du palais de la Moneda, la où on frappait la monnaie de l’empire espagnol, ce qui complètera bien notre visite du matin.

On gardera un souvenir particulier de cette visite, mais on vous la conseille.

Informations pour le tour des mines à Potosi :
Agence The Real Deal, sur la calle Bustillo. Prix : 80 Bolivianos + argent pour le Mercado de los mineros.
Wilson fait les visites en espagnol. Après 10 ans dans les mines, un accident lui permet de sortir de la mine, de reprendre les études et de pouvoir emmener des touristes là-bas aujourd’hui. Il est donc le meilleur guide pour les découvrir.

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2 COMMENTS

  1. Bonjour Rémi ,bonjour Caro;
    Nous pensons un couple d’amis Elisabeth et moi partir pour la bolivie entre novembre et décembre environ 3 semaines ,en projet le salar d’Uyuni le sud Lipez , nous partirons probablement de Lima pour rejoindre La paz,je pensai faire une boucle pour Uyuni a partir de Tupiza sur 5,6 jours(trop court,trop long?)pour les agences, Tupiza tours parait serieux,et en dehors de ce périple en 3 semaines quels seraient les points a privilégier .de toute facon je construirai un peu plus notre périple et vous demanderai conseils .3semaines c’est court et ne voulons pa passer a coté de certaines choses.Amicalement.Elisabeth Eric.

    • Bonjour Eric,
      Bonjour Elisabeth,
      Merci pour votre message ! Le Sud Lipez est incontournable (on en prend pleins les yeux pendant 3-4 jours) et reste un des souvenirs les plus incroyables de notre voyage. En effet, les départs pour le Sud Lipez se font à partir de Uyuni ou Tupiza. Uyuni est particulièrement touristique, Tupiza est un village à taille humaine. Il est recommandé d’ailleurs de partir de Tupiza (trajet Sud > Nord), ce qui permet d’éviter les « convois » de 4×4 qui partent généralement d’Uyuni. De mémoire les excursions sont plutôt « à la carte », et les guides s’arrangent pour s’adapter au temps que vous avez. Il faut simplement qu’ils remplissent leur 4×4 avec 6 personnes (en général). 4 ou 5 jours dans le Sud Lipez semblent la durée idéale, mais n’oubliez pas que les logements sont sommaires dans ces coins là, et prenez de quoi vous couvrir ! Le thermomètre descend souvent en dessous de 0°C. Il faut aussi se donner un temps d’adaptation à l’altitude (24-48 h), car le Sud Lipez est à 4000 mètres d’altitude… en moyenne, ce qui demande de se ménager au début pour éviter le « soroche », le mal des montagnes (nous vous recommandons le « maté de coca », thé à base de feuilles de coca, qui aide vraiment à mieux accepter l’altitude…)
      Pour votre préparation du voyage en Bolivie, il faut prendre en compte le fait que les trajets sont généralement longs et éprouvants : les routes sont d’une qualité aléatoire (même si le gouvernenement et les localités construisent des routes, en Bolivie, c’est un peu plus long qu’ailleurs 😉 ), et les bus sont équipés de grosses roues de type 4×4. N’hésitez donc pas à prendre les bus un peu plus confortables, ce qui va vous coûter seulement 2 ou 3 € de plus, et une petite marge de manoeuvre en terme de temps (les bus partent à l’heure, mais les arrivées sont plus aléatoires). Sinon, des vols internes sont possibles, mais nous n’avons pas essayé.
      Je vous recommande de passer par Sucre et Potosi, des villes magnifiques, de type colonial. La Paz est à voir, et si vous arrivez de Lima, un passage par le lac Titicaca et Isla del Sol est à conseiller. Voilà, il va forcément falloir choisir, mais en tous cas la Bolivie est un excellent choix, c’est certainement une des destinations les plus dépaysante d’Amérique Latine…

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