We Love America Latina : 1 / Chachani : 0

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Si vous nous suivez depuis quelques temps, vous avez dû lire l’article sur le Huayua Potosi en Bolivie. On se devait donc de retenter l’expérience d’un 6 000 mètres et cette fois-ci d’y arriver.
Oui je sais les mamans & les papis mamies ne sont pas rassurés, c’est pour ça que nous tiendrons juste les papas informés de notre re-tentative ! Après avoir rencontré le guide la veille à l’agence « Quechua » recommandée par l’hôtel, nos sacs sont prêts !

Il s’appelle le Chachani et mesure 6075 m, il se situe tout proche d’Arequipa. Pour les autres informations, voire ci-dessous :

Durée : 2 jours
Dénivelé : 300 mètres le premier jour, 900 le second.
Difficulté : dur le 2ème jour
Départ : Parking des 4×4 à 2h30 d’ Arequipa
Arrivée : col du Chachani
Ville la plus proche : Arequipa
Transport : Le transport est pris en charge (4×4)

Depuis quelques temps, nous sommes sur l’altiplano entre 3700 et 4 000 m d’altitude, nous nous sentons bien acclimatés. Le programme est le suivant, nous devons dormir une nuit à 5 200 m puis partir à 2h du matin pour une ascension de 6 heures. Nous partons avec Gilles et Aurélie (nos chamoniards rencontrés à Cuzco) et 4 autres personnes (un couple de belge, un allemand et une péruvienne) et 2 guides pour nous encadrer. Le matériel est fourni (nous en avons récupéré une partie la veille ; pantalon, gants, veste si besoin….).

Nous voilà, à bord du 4X4. 2H30 de « tape cul » plus tard, nous arrivons au pied du Chachani. Il nous faut regagner le camp avec nos sacs sur le dos (tente, crampons, piolet, nourriture, eau). Nous arrivons au camp, le paysage est magnifique, l’ambiance est décontractée. Nous ne voyons toujours pas le Chachani, il est caché derrière une montagne qu’il nous faudra franchir. Nous nous sentons prêts pour le lendemain, cette fois ci pas question de redescendre, nous y arriverons. Pour cela, nous avons mis toutes les chances de notre côté, mangé sainement et pas bu depuis la veille sauf du maté de coca pour combattre le mal d’altitude. Nous avons des fruits secs et beaucoup d’eau pour les coups de pompes !

Le spot est joli et abrité, bien que nous soyons à 5 200 m, il n’y a pas de vent, le soleil est encore présent pendant 2 heures, nous nous reposons sagement en buvant des matés de coca. Rémi part s’allonger sous notre tente (oui, nous l’avons expérimentée et nous sommes ravis de notre investissement, c’est vraiment du bon matériel : une Montain equipement Hielo 2).

Quelques minutes plus tard, Rémi sort précipitamment de la tente pour vomir (oui désolé mais c’est un paramètre à prendre en compte, l’altitude et la nourriture grasse ne font pas bon ménage). Rémi sait maintenant qu’il faut éviter de manger toute la peau du poulet en haute montagne.
Bref, fini la journée pour lui, il part sous la tente se coucher à 17h.
Pour les autres, le repas est servi à 17h30 (une petite soupe et des spaghetti au poulet et à la tomate), à 18h tout le monde file au lit. Nous avons quand même essayé les crampons. A 18h30 extinction des feux, le réveil doit sonner à 1h du matin.

1er jour : du camp de base (5200m) au col du Chachani (6070m)

Un café et des tartines de fromage plus tard, nous voilà avec nos lampes frontales tous à la queue leuleu !! Nous partons pour 6 ou 8 heures d’ascension. Rémi est rétabli, c’est parti !

Le rythme est très lent, mais par expérience on sait que c’est normal et qu’on ne va pas aller plus vite. Toutes les 20 minutes, le groupe s’arrête pour faire des pauses. 2 personnes sont déjà épuisées et à bout de souffle et la belge est malade. Ils redescendront quelques minutes plus tard avec un des guides. Nous repartons à 5 avec notre guide. Maintenant plus possible de redescendre il nous faut aller jusqu’au bout. Tout à l’air d’aller bien (pas de mal à la tête, physiquement ça va) mais mon estomac se manifeste et se réveille. Comment dire, les 1ers symptômes du mal des montagnes se font ressentir (soroche). Tant que le soleil n’est pas levé, ça va, je peux encore me cacher , nous ne sommes pas encordés….mais c’est vraiment pas marrant pour moi ! Prenez avec vous des « imodium » (même en prenant 2 cachets, ça n’a pas marché) !!
Plus personne ne se parle, chacun puise dans ses ressources. A ce niveau là tout est dans le mental. Nous savons que nous allons tous y arriver même si ça devient difficile. Toutes les heures, nous nous arrêtons pour faire une pause de courte durée, reprendre quelques feuilles de coca et boire un peu d’eau. Pour ma part, je ne peux rien avaler !

Le souffle devient court, l’épuisement, les pleurs (les miens seulement)….tout est normal. Le moral revient avec le levé du soleil, la vue est splendide mais nous voyons le chemin qu’il reste à parcourir et là ça redevient décourageant !! Encore un chemin en zig zag qui est interminable, nous marchons depuis 4 heures dans le sable. J’ai arrêté depuis longtemps de demander à Rémi « dis, il est quelle heure, on est à quelle altitude ?? ». Je sens bien que je commence sérieusement à l’agacer et qu’il est aussi fatigué que moi.
Il a pourtant une super montre qui sert à ça….mais bon !! Le guide nous remotive, nous passons bons derniers avec Rémi mais chacun son rythme !!

Je demande ensuite au guide s’il nous reste beaucoup à faire, il me répond qu’à cette allure nous en avons encore pour 2 heures. Je n’en peux plus, je ne voulais pas du tout entendre ça, mais plutôt 10 ou 15 minutes de marche. Rémi s’arrête à chaque fin de virage et moi je commence à « chouiner », j’en ai marre de m’arrêter toutes les 15 minutes pour aller me cacher derrière les quelques rochers qu’il y a sur le chemin. Mon coach me remotive, nous y arriverons, nous ne sommes plus très loin !
Nous arrivons à la partie neigeuse, nous mettons nos crampons et nous nous munissons de notre piolet. Il reste 30 minutes (les plus longues de ma vie) pour atteindre le col du Chachani. Une petite crête plus tard (même si vous avez le vertige, c’est faisable), nous y voilà, nous surplombant la montagne voisine (le Misti) et la ville d’Arequipa. C’est quand même chouette de là haut. Nous voilà épuisés mais satisfaits. Le guide nous laisse assez de temps pour prendre quelques photos, il n’y a pas trop de vent et nous n’avons pas souffert du froid (juste les pieds gelés pendant 5 minutes).
C’est notre premier 6 000 m à tous les 2, celui là restera gravé dans nos mémoires ! Le 6 000 de l’année, oui maman, oui papi Louis, nous ne recommencerons pas, nous l’avons fait et bien fait, nous sommes fiers de nous !
Rassurez vous, nous ne sommes pas fous, tout est bien géré, l’équipement fourni (même si un peu vieillot), la nourriture….. On ne serait jamais partis tous seuls.

En 2h30 nous avons regagné le camp et rejoint tout le monde, les jambes coupées dans les dunes de sable, le ventre en « vrac » et 14 arrêts plus tard nous avons ensuite plié la tente et retrouvé notre 4X4. Pas possible de dormir dans la voiture (excités d’avoir fait le 6000m et très fatigués), les bosses sont trop nombreuses. Nous arrivons à l’agence pour déposer tout le matériel. Nous rentrons à notre hôtel prendre une douche bien méritée et fêter ça (enfin vite fait, parce qu’à 22h, nous n’avons pas demandé notre reste et avons filé au lit).

C’est le lendemain matin en petit déjeunant sur la terrasse de l’hôtel en ayant vue sur le Chachani, que nous nous rendons compte que nous étions tout là haut, que nous avons réussi. Nous sommes fiers de nous ! Félicitations à nous 5 !! On est maintenant prêts pour le Mont Blanc !

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3 COMMENTS

  1. […] Partis de Cuenca avec le bus de 10h20, nous sommes déposés devant l’entrée du Parc Cajas une heure plus tard, au niveau du refuge de la Laguna Toreadora. Une fois les formalités remplies (2 $ l’entrée du Parc, 4$ pour la nuit) et nos affaires au chaud dans le refuge, nous partons. On a le souffle court, mais ça va. Voilà bien 3 mois que nous n’avons pas fréquenté les 4000 mètres… […]

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